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Les troubles des apprentissages

Designer 44En tant que parents, enseignants ou proches, il est naturel de vouloir aider un enfant à surmonter les difficultés qu’il peut rencontrer dans son développement. Parmi ces difficultés, les troubles de l’apprentissage peuvent être à l’origine d’une grande frustration, aussi bien pour l’enfant que pour son entourage. Mais comment reconnaître les signes de ces troubles et agir au bon moment ?

Qu’est-ce qu’un trouble de l’apprentissage ?

Les troubles de l’apprentissage (aussi appelés troubles "dys") regroupent différents types de difficultés liées à l’acquisition de certaines compétences comme la lecture, l’écriture, les mathématiques ou encore la coordination motrice. Ces troubles ne sont pas liés à un manque d’intelligence ou à un défaut d’éducation, mais plutôt à une différence dans le fonctionnement du cerveau.

Parmi les troubles les plus courants, on trouve :

  • La dyslexie (difficultés en lecture et écriture).
  • La dysorthographie (difficultés avec l’orthographe).
  • La dyscalculie (difficultés en mathématiques).
  • La dyspraxie (difficultés de coordination motrice).
  • La dysphasie (difficultés dans le langage oral).

Quels sont les signes à surveiller ?

Chaque enfant est unique, et les signes de troubles de l’apprentissage peuvent varier d’un individu à l’autre. Cependant, certains comportements ou difficultés récurrentes peuvent mettre la puce à l’oreille.

1. Difficultés persistantes dans certaines compétences

  • En lecture : L’enfant éprouve des difficultés à déchiffrer les mots, à lire de manière fluide ou à comprendre ce qu’il lit.
  • En écriture : Des lettres mal formées, des mots souvent inversés ou des fautes d’orthographe répétées peuvent être des signaux.
  • En mathématiques : Difficulté à compter, à comprendre les opérations ou à résoudre des problèmes simples.

2. Une lenteur inhabituelle

Certains enfants prennent plus de temps que leurs camarades pour accomplir des tâches scolaires, comme copier un texte ou répondre à des questions.

3. Difficultés à se concentrer

Un enfant qui semble rêvait souvent, qui s’agite ou qui a du mal à suivre les consignes peut présenter des troubles liés à l’attention, parfois associés à un trouble de l’apprentissage.

4. Frustration ou évitement

Un enfant qui évite systématiquement les activités liées à ses difficultés (comme lire à haute voix ou faire des devoirs) peut ressentir une grande frustration face à ses échecs répétés.

5. Difficultés sociales

Ces troubles peuvent également avoir un impact sur les interactions avec les autres. L’enfant peut sembler timide, isolé ou manquer de confiance en lui.

Que faire si vous suspectez un trouble de l’apprentissage ?

Si vous observez certains de ces signes chez un enfant, il est important d’agir rapidement pour l’aider à surmonter ses difficultés et à réussir dans son parcours scolaire.

1. En parler avec l’école

Les enseignants peuvent partager leurs observations et mettre en place des aménagements pour aider l’enfant (comme plus de temps pour les évaluations).

2. Consulter un professionnel

Un psychologue spécialisé ou un orthophoniste peut évaluer précisément les difficultés de l’enfant et proposer des solutions adaptées.

3. Encourager l’enfant

Valorisez ses efforts et ses succès, même petits. Un soutien positif peut grandement améliorer sa confiance en lui.

 

Reconnaître un trouble de l’apprentissage chez un enfant est la première étape pour lui offrir un accompagnement adapté. Avec une intervention précoce et un environnement bienveillant, chaque enfant peut progresser et réaliser son potentiel. Si vous avez des questions ou souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter pour un rendez-vous ou un échange.

Comprendre le TDAH : Un trouble essentiel à comprendre

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Le Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental qui influence la gestion de l'attention, le contrôle des impulsions et, dans certains cas, l'activité motrice. Il se manifeste par des difficultés à maintenir la concentration ou à être facilement distrait, étourdi, une tendance à l'impulsivité, ne pas parvenir à inhiber des (mauvaises) réponses automatiques et, chez certaines personnes, une hyperactivité (motrice et mentale) marquée.

Le cerveau des personnes atteintes de TDAH fonctionne différemment en raison d’un déséquilibre en dopamine et noradrénaline, deux neurotransmetteurs essentiels à la régulation de l’attention et de la motivation. Ce manque entraîne une recherche constante de stimulation, car l’activité mentale et physique aide à compenser ce déficit. C’est pourquoi certaines personnes atteintes de TDAH peuvent être impulsives, toujours en quête de nouveauté ou avoir du mal à rester concentrées sur des tâches peu engageantes.

Souvent associé aux enfants, il touche pourtant aussi de nombreux adultes.

 

Les différentes formes du TDAH

 

Le TDAH se décline en plusieurs présentations :

  • Le TDAH à prédominance inattentive : les personnes concernées ont principalement des difficultés à maintenir leur attention et à organiser leurs pensées.
  • Le TDAH à prédominance hyperactive/impulsive : il se manifeste par une agitation constante et une impulsivité marquée.
  • Le TDAH de type mixte : il combine les symptômes des deux formes précédentes, avec des difficultés d’attention et une hyperactivité/impulsivité.

 

Les causes et le fonctionnement neurologique du TDAH

 

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental influencé par des facteurs génétiques et environnementaux. Il est notamment lié à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs, en particulier la dopamine et la noradrénaline.

Le rôle de la dopamine et de la noradrénaline

Ces neurotransmetteurs jouent un rôle clé dans la régulation de l’attention, de la motivation et du contrôle des impulsions :

  • La dopamine est impliquée dans le circuit de la récompense et de la motivation. Chez les personnes atteintes de TDAH, son niveau est souvent insuffisant ou mal régulé, ce qui entraîne des difficultés à maintenir l’attention et à gérer les comportements impulsifs.
  • La noradrénaline joue un rôle dans la vigilance et la concentration. Un déséquilibre de cette substance peut affecter la capacité à filtrer les distractions et à rester focalisé sur une tâche.

 

Le dépistage du TDAH : un diagnostic clinique essentiel

 

Le dépistage du TDAH repose sur une évaluation clinique approfondie, réalisée par un professionnel de santé. Il n'existe pas de test biologique pour diagnostiquer ce trouble ; l'identification des symptômes se fait à partir d'entretiens et de questionnaires standardisés. Parmi les outils couramment utilisés, on retrouve des échelles d’évaluation permettant aux patients, parents, enseignants et adultes de repérer les signes du TDAH.

Pour affiner l’évaluation, un bilan neuropsychologique approfondi peut être réalisé. Ce bilan inclut des tests standardisés permettant d’analyser les fonctions cognitives, attentionnelles et exécutives, et d’exclure d’autres troubles aux symptômes similaires. Cette approche permet d’obtenir un profil détaillé des forces et des difficultés de la personne, facilitant ainsi une prise en charge personnalisée.

Le diagnostic final doit toujours être posé par un spécialiste, tel qu’un psychiatre, un pédopsychiatre, un pédiatre spécialisé ou un neurologue, qui pourra confirmer la présence du trouble et proposer une prise en charge adaptée.

 

Comment vivre avec le TDAH ?

 

Il existe plusieurs stratégies pour mieux gérer le TDAH :

  • Les thérapies comportementales : Elles aident à structurer le quotidien.
  • Les médicaments : Prescrits dans certains cas, ils améliorent la concentration en régulant les neurotransmetteurs.
  • Les aménagements scolaires et professionnels : Ils permettent d’adapter l’environnement aux besoins spécifiques des personnes atteintes.

 

Changer le regard sur le TDAH

 

Le TDAH est souvent mal compris et entouré de préjugés. Pourtant, avec un accompagnement adapté, les personnes concernées peuvent pleinement s’épanouir.

 

Evolution possible avec l'âge

 

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Poser des limites : un acte éducatif essentiel, souvent complexe

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Éduquer un enfant, c’est lui offrir des repères pour grandir. Mais poser des limites claires et cohérentes peut s’avérer difficile, surtout lorsque les parents eux-mêmes n’ont pas bénéficié d’un cadre éducatif structurant… ou, à l’inverse, ont grandi dans un environnement rigide qu’ils souhaitent éviter de reproduire.

Des repères qui rassurent… mais qui ne s’improvisent pas

De plus en plus de parents expriment leur désarroi face à la difficulté de poser des limites à leur enfant. En consultation, les psychologues observent combien cette impasse éducative peut générer tension, épuisement et souffrance au sein du foyer. Car être parent, c’est naviguer entre bienveillance, autorité, et adaptation constante aux besoins évolutifs de l’enfant.

Entre valorisation et autonomie : le dilemme parental

Tout parent aspire à guider son enfant avec des consignes claires, respectueuses et constructives. Pourtant, entre les intentions et la réalité du quotidien, le fossé peut être grand. Faut-il privilégier l’estime de soi ou l’apprentissage des règles ? Encourager l’autonomie ou exiger l’obéissance ? Ces dilemmes sont au cœur de la parentalité moderne.

L’éducation dite « positive », centrée sur la valorisation de l’enfant, ne suffit pas à elle seule à instaurer des limites. Car pour se construire, l’enfant a besoin d’expérimenter la frustration, de comprendre les conséquences de ses actes, et d’intégrer progressivement les règles du vivre-ensemble.

Pourquoi les limites sont-elles indispensables ?

Les règles et interdits ne sont pas des entraves à la liberté : ce sont des balises qui permettent à l’enfant de se sentir en sécurité, de se situer dans la relation à l’adulte, et de comprendre qu’il est une personne à part entière… mais dans un monde partagé, régi par des codes.

Les limites éducatives permettent à l’enfant :

  • d’intégrer les attentes sociales et familiales
  • de se repérer dans son environnement
  • de développer un sentiment de protection face à l’autorité bienveillante de l’adulte
  • de construire son identité dans le respect des autres

 

À quel moment poser des limites ?

Dès l’âge de 1 an, l’enfant commence à explorer son autonomie et à tester les réactions de son entourage. C’est le moment où les premières limites prennent tout leur sens. Avant cet âge, l’enfant est dans une dépendance affective totale : il a surtout besoin de présence, de disponibilité et de sécurité émotionnelle.

Mais dès qu’il marche, touche, explore… il entre dans un monde de découvertes où les règles deviennent des repères structurants. Poser des limites, c’est lui offrir les clés pour s’épanouir dans une société faite de contraintes, mais aussi de relations, de choix et de liberté encadrée.

 

 

L’adolescence : quand les limites sont mises à l’épreuve

L’adolescence marque une étape de transformation profonde, à la fois physique, psychique et relationnelle. C’est une période de remaniement identitaire, où l’enfant devenu adolescent cherche à s’affirmer, à se différencier… tout en ayant encore besoin d’un cadre sécurisant.

 

Des mouvements internes intenses

Chez l’adolescent, plusieurs dynamiques se croisent :

  • La quête d’autonomie : il veut décider par lui-même, affirmer ses choix, tester ses opinions.
  • Le besoin d’appartenance : il cherche à s’intégrer dans un groupe de pairs, parfois au détriment des règles familiales.
  • La réactivation des conflits infantiles : les enjeux de séparation, de dépendance et d’opposition refont surface, souvent de manière plus frontale.
  • La construction de l’identité : il explore qui il est, ce qu’il pense, ce qu’il ressent, parfois en opposition systématique à l’adulte.

 

Ces mouvements peuvent générer des tensions, des provocations, voire des comportements de rupture. Mais ils sont aussi le signe d’un développement psychique en cours.

 

Le rôle des limites à l’adolescence

Contrairement à ce que l’adolescent peut laisser croire, il a besoin de limites. Elles lui permettent :

  • de se confronter à la réalité et à la frustration
  • de se sentir contenu face à ses propres débordements émotionnels
  • de tester la solidité du lien avec l’adulte : « Jusqu’où puis-je aller sans être abandonné ? »
  • de construire sa propre pensée en opposition, mais dans un cadre sécurisant

 

Les limites ne doivent pas être confondues avec le contrôle ou la rigidité. Elles sont des repères structurants, qui évoluent avec l’âge et la maturité de l’adolescent.

 

Entre fermeté et souplesse : l’équilibre parental

Poser des limites à un adolescent, c’est accepter d’entrer dans une relation de négociation, sans renoncer à sa posture d’adulte. Cela implique :

  • de maintenir un cadre clair, non négociable sur certains points (respect, sécurité, règles de vie)
  • d’ouvrir des espaces de dialogue sur d’autres (choix vestimentaires, loisirs, opinions)
  • de reconnaître ses compétences grandissantes tout en restant une figure de référence

 

L’adolescence est une période de co-construction du lien éducatif : l’autorité ne se décrète plus, elle se construit dans la relation, dans la cohérence, et dans la confiance.

 

Quelques repères pour poser des limites à l’adolescent

Poser des limites ne signifie pas brimer, mais accompagner. Voici quelques pistes pour aider les parents à naviguer cette période parfois tumultueuse :

1. Clarifier ce qui est non négociable

Les règles liées à la sécurité, au respect de soi et des autres doivent être claires et constantes.

L’adolescent a besoin de savoir où sont les frontières, même s’il les conteste.

2. Expliquer le sens des règles

Donner du sens aux limites permet à l’adolescent de mieux les intégrer.

Plutôt que « c’est comme ça », privilégier « voici pourquoi cette règle existe ».

3. Négocier quand c’est possible

Offrir des espaces de discussion sur certains sujets (horaires, sorties, loisirs) favorise l’autonomie.

Cela montre que l’adulte reconnaît la capacité de réflexion de l’adolescent.

4. Rester calme face à la provocation

L’opposition fait partie du processus de différenciation.

Garder son calme, éviter les escalades émotionnelles, et maintenir une posture d’adulte contenant.

5. Être cohérent et prévisible

Les règles doivent être stables dans le temps et partagées par les deux parents si possible.

L’incohérence crée de l’insécurité et invite à tester davantage.

6. Valoriser les efforts et les progrès

L’adolescent a besoin de reconnaissance pour ce qu’il fait bien.

Cela renforce son estime de lui et sa motivation à coopérer.

7. Rappeler que l’amour est inconditionnel

Même en cas de conflit, l’adolescent doit sentir que le lien reste solide.

« Je ne suis pas d’accord avec ton comportement, mais je t’aime toujours » est un message fondamental.

Pourquoi certains enfants réagissent par de l’auto-agression ou “je ne m’aime pas” quand on leur rappelle une règle ?

Chatgpt image 8 janv 2026 18 13 52Les parents sont parfois désemparés face à des réactions très intenses chez des enfants qui se frappent, se griffent, se tirent les cheveux, ou disent “je suis nul”, “je ne m’aime pas”, simplement après un rappel à la règle.

Ces comportements inquiètent naturellement… mais ils ne signifient pas forcément un trouble. Ils révèlent surtout une émotion débordante.

 

À la pré-adolescence (9–11 ans), les émotions se complexifient

C’est un âge où l’estime de soi se construit, mais reste très fragile.

Un simple rappel ("on ne parle pas comme ça", "range ta chambre", "on te répère toujours les mêmes choses") peut être vécu comme :

  • une remise en question de la valeur personnelle
  • une honte intense
  • une peur de décevoir
  • un sentiment d’échec insupportable

Chez certains enfants, l’émotion monte vite et fort… et déborde.

 

L’auto-agression est alors une "soupape" émotionnelle

Pour certains enfants, se frapper, se griffer ou se tirer les cheveux n’est pas une volonté de se faire mal, mais une manière de :

  • évacuer une tension trop forte
  • reprendre un contrôle interne
  • communiquer un mal-être qu’ils n’arrivent pas à exprimer par des mots

C’est un langage corporel, maladroit mais réel.

 

"Je ne m’aime pas" est un message, pas une vérité

Ces phrases sont rarement le reflet d’un désamour durable. Elles signifient plutôt :

  • "Je suis dépassé"
  • "Je ne me sens pas assez bien"
  • "J’ai besoin d’être rassuré"

C’est une forme de tempête émotionnelle et non pas une pensée stable.

 

Certains profils sont plus sensibles

On observe ce type de réactions plus souvent chez les enfants ayant :

  • un TDAH (impulsivité, débordements rapides)
  • un profil anxieux (peur de mal faire, sur-culpabilisation)
  • un TSA (hypersensibilité sociale, surcharge)
  • un haut potentiel (pensée en "tout ou rien", intensité émotionnelle)

Pas besoin d’un diagnostic de ce type  pour que ces mécanismes existent : ils décrivent simplement une manière particulière de vivre les émotions.

 

Comment réagir en tant que parent ?

- Sur le moment :

  • Rester calme et stable
  • Nommer l’émotion ("Là, tu es très frustré et ça déborde")
  • Protéger sans punir ("Je t’aide à garder ton corps en sécurité")
  • Réduire la stimulation (s’asseoir, s’isoler, respirer)

- Une fois l’orage passé :

  • Parler du ressenti, jamais de la faute
  • Expliquer la différence entre l’erreur et la valeur personnelle
  • Enseigner des alternatives ("tu peux dire ‘c’est dur’ à la place")
  • Valoriser les efforts, pas la performance

 

Quand consulter ?

  • Si l’auto-agression entraîne des blessures
  • Si les réactions surviennent plusieurs fois par semaine
  • Si l’enfant se dévalorise très souvent
  • Si cela impacte l’école, le sommeil ou les relations
  • Si l’enfant semble triste même hors conflit

Une évaluation peut alors réellement soulager l’enfant.

 

En résumé

Ces réactions sont le signe d’une émotion trop grande pour un cerveau encore en construction.
Avec du soutien, des mots et des stratégies adaptées, les enfants apprennent progressivement à gérer ces tempêtes internes.